Bunker (Lundi Matin)

Le 26 janvier 2015, environ 200 requérants d’asile se rassemblent devant le siège de l’Hospice Général de Genève, une institution en charge de l’organisation de l’aide d’urgence accordée aux migrants. Les manifestants sont pour la plupart originaires d’Erythrée, de Syrie et du Soudan. Ils sont venus remettre une lettre de doléance à la direction de cette institution et se sont regroupés sur le parvis du bâtiment, sous la neige. Ils crient des slogans, dans l’indifférence totale de la cinquantaine d’employés de l’Hospice présents ce jour-là. Il s’agit de la première action publique de « Stop Bunkers », un mouvement qui regroupe les requérants d’asiles hébergés depuis des mois dans trois des nombreux abris de la Protection Civile (PCi) que comporte le canton de Genève, ainsi que dans différents foyers. Ce mouvement veut faire cesser l’hébergement dans des bunkers, ces sarcophages de bétons souterrains où des néons blafards diffusent leur lumière malsaine 24h sur 24, et où de la nourriture périmée leur est servie avec une incroyable régularité. En octobre 2014, une manifestation sur la même question avait été organisée par des requérants et leurs soutiens dans la ville de Lausanne.

Un certain nombre de migrants se sont retrouvés en abri PCi après l’incendie d’une aile du foyer des Tattes en novembre 2014. Cet énorme foyer est le principal centre d’accueil pour requérants d’asile à Genève. Il est situé à Vernier, banlieue pauvre de la Rome protestante où se mêlent quelques villas cossues et de longues barres d’immeubles. Coincé entre l’autoroute et un magasin d’ameublement suédois, à quelques encablures de l’aéroport, le foyer des Tattes est le vestige d’une autre forme de migration, celle des travailleurs saisonniers – Italiens, Espagnols, Yougoslaves, Portugais, etc. – qui venaient construire la Suisse, neuf mois par an, loin de leurs familles. Inauguré en 1987, les Tattes sont reconverties dans l’accueil des requérants d’asile à peine deux ans plus tard. Avec la disparition du statut de travailleur saisonnier à la fin des années 1990, seuls des réfugiés et des exilés y demeurent. Les pavillons du foyer des Tattes sont rapidement surpeuplés ; avec le temps, le nombre de places disponibles passe de 400 à 650. En silence, l’État entasse.

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